“Vivre les sciences sociales” - un nouveau concept
Présentation
Michel Wieviorka, président de l’AIS (2006-2010)
Sociopedia est née en mars 2007, au Brésil, à Recife, lors de la réunion du Comité Exécutif de l’AIS, la première depuis le Congrès de Durban (2006) où j’avais été élu Président. Pour cette occasion, j‘avais proposé de mettre en place une dizaine de « task forces », chacune pilotée par un officier de notre association, et en charge d’une initiative ou d’un dossier important : convaincre nos collègues de Chine de rejoindre l’AIS, introduire plus de démocratie interne au sein de l’AIS, etc. Et lorsque j’expliquai mon idée de mettre en œuvre une encyclopédie de sociologie ou une série d’ouvrages du type « state of the art » dont l’édition pourrait s’appuyer sur les membres de nos comités de recherche, Bert Klandermans, Vice-Président dans l’équipe précédente et venu nous aider à faire le point sur l’état de nos finances fit remarquer qu’Internet rendait possible d’envisager un projet on line, qui présenterait, entre autre avantages, celui de pouvoir
L’idée était si évidente à mes yeux que le soir même, j’en reparlais lors d’un dîner amical au cours duquel mon enthousiasme, et mon souci de passer de la concrétiser furent partagés par Izabela Barlinska, Elisa Reis, Arturo Rodriguez Morato et, bien sûr, Bert Klandermans.
La distance (pour Elisa, qui vit au Brésil) et la considérable charge de travail que constituait alors la préparation du Forum mondial de Barcelone (pour Arturo) firent que dans un premier temps seuls, Izabela, Bert et moi purent faire avancer le projet, avec la participation de Robert Rojek, représentant les éditions Sage qui ont d’emblée accepté de s’engager avec nous. Nous nous réunîmes à plusieurs reprises, pour préciser ce que pouvait être Sociopedia. Un an après Recife, le projet était suffisamment avancé et je pouvais le présenter pour validation au Comité exécutif réuni cette fois-ci à Rovaniemi, en Finlande.
C’est dans ce contexte que j'ai découvert l’existence d’un projet assez proche, dont l’idée avait été développée de son côté par Kenji Kosaka. Je l’ai contacté, et lors du Forum de Barcelone, auquel l’AIS l’avait invité à ma demande, en septembre 2008, il fut acquis entre nous qu’il avait toute sa place dans l’équipe fondatrice de Sociopedia. De même, il nous est vite apparu que la vice-présidente de l’AIS en charge des publications, Devorah Fisher-Kalekin, devait être intégrée dans notre projet, es-qualité, mais aussi et surtout pour ses compétences.
Nous sommes donc finalement une équipe de huit personnes à avoir lancé Sociopedia, avec l’aide, à partir de mai 2009, de Geoffrey Pleyers, qui assure la coordination entre cette équipe et les nombreux auteurs et éditeurs mobilisés pour assurer le succès de cette aventure intellectuelle. Comme au 1 janvier 2010, Geoffrey Pleyers a transmis ses reponsabilités en tant qu'assistant éditorial à Anouk Van Leeuven, qui se trouve au Département de Bert à Amsterdam, il fait maintenant partie du Comité Éditorial de Sociopedia.
Les potentialités de Sociopedia sont considérables. Dans un premier temps, il se compose uniquement d’entrées relativement longues, en principe de 6 000 mots chacune, en anglais, et avec la possibilité pour chacune d’être complétée par une version en espagnol et/ou en français, les deux autres langues officielles de notre association. Les entrées pourront être révisées quand ils le souhaitent, ou à notre demande, par leur auteur ; il est prévu aussi qu’elles puissent faire l’objet de compléments ou de débats, toujours « édités » par nos soins – Sociopedia, à la différence de Wikipedia, est soigneusement éditée, de façon professionnelle, et chaque entrée est l’objet d’un travail méticuleux, comparable à celui de nos journaux scientifiques, dans lequel interviennent un éditeur, et au moins deux reviewers avant mise au point finale par Sage.
Nous comptons publier chaque année une cinquantaine d’entrées, ce qui devrait rapidement faire de Sociopedia un instrument incontournable, souple et flexible, toujours à jour, accessible partout dans le monde pour peu que l’on dispose d’un accès à Internet. Finis, les encyclopédies encombrantes et datées, les dictionnaires dont les mises à jour sont rares et tardives, quand elles existent : Sociopedia est commode d’accès, exigeant intellectuellement, ouvert à la critique et toujours disposé à s’améliorer. C’est l’outil du XXIe siècle dont ont besoin les chercheurs, les enseignants, les étudiants en sociologie, mais aussi bien d’autres personnes, travailleurs sociaux, journalistes, enseignants et chercheurs d’autres disciplines, militants d’ONG, etc.
Son concept même n’est pas figé une fois pour toutes, il évoluera certainement en fonction de ce que nous enseignera l’expérience de ses premières années d’existence. Il s’ouvrira je l’espère à d’autres disciplines des sciences de l’homme et de la société, il sera je l’espère tout autant accessible, à terme, non seulement pleinement en français et en espagnol, mais, pourquoi pas, dans d’autres langues. Il sera ce que, désormais, ses utilisateurs, en relation avec l’équipe qui l’animera, souhaiteront qu’il soit. Il sera gratuit pour les membres de l’IAS, et accessible sans frais particuliers pour les usagers des bibliothèques universitaires abonnées à Current Sociology.
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