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CODE D'ETHIQUE
DE L'ASSOCIATION INTERNATIONALE DE SOCIOLOGIE

Approuvé par le Comité Exécutif en 2001

Introduction
Le Code d'Éthique de l'Association Internationale de Sociologie consiste en un préambule et quatre parties de principes éthiques. Les membres qui adhérent à l'AIS se compromettent à le respecter.

Le Code d'Éthique n'est ni exhaustif ni complet ni rigide. Le fait qu'une conduite particulière ne soit pas mentionnée spécifiquement dans de Code d'Éthique ne signifie pas qu'elle soit nécessairement éthique ou pas éthique.

Préambule
Les sociologues travaillent pour développer une substance valide et fiable de la connaissance scientifique basée sur la recherche et, pour cela, pour contribuer à l'amélioration de la condition humaine globale. Les objectifs principaux du Code d'Éthique, un symbole de l'identité de l'AIS, sont (1) protéger le bien-être des groupes et individus avec qui et sur qui travaillent les sociologues ou ceux qui sont impliqués dans les efforts de la recherche des sociologues; (2) guider le comportement et par conséquent les espérances des membres de l'AIS aussi bien entre eux qu'envers la société dans son ensemble. On attend de ceux qui acceptent ses principes qu'ils les interprètent de bonne foi, qu'ils les respectent, s'assurant qu'ils soient respectés et qu'ils les fassent connaître amplement.

Chaque sociologue enrichit le Code d'Éthique selon ses propres valeurs personnelles, sa culture et son expérience. Chaque sociologue enrichit, mais ne viole pas, les principes développés dans ce Code d'Éthique. La responsabilité de chaque sociologue est d'aspirer aux plus hauts nivaux de conduite.

L'efficacité d'un Code d'Éthique repose principalement sur l'auto-discipline et l'auto-contrôle de ceux auxquels il s'applique.

1. La sociologie comme un champ d'étude scientifique et pratique

1.1. On attend des sociologues, comme scientifiques, qu'ils collaborent de manière locale et transnationale ne se basant que sur l'exactitude scientifique, sans discrimination dérivée des facteurs scientifiquement sans pertinence comme l'âge, le sexe, la préférence sexuelle, l'ethnie, la langue, la religion ou l'affiliation politique.

1.2. Le travail en groupe, la coopération et les échanges mutuels entre sociologues sont nécessaires pour que la sociologie atteignent ses objectifs. On attend des sociologues qu'ils participent dans des discussions sur leur propre travail ainsi que sur le travail des autres sociologues.

1.3. Les sociologues devraient être conscients du fait que leurs suppositions peuvent avoir un impact sur la société. Pour ça, leur devoir est, d'une part, maintenir une attitude impartiale dans la mesure du possible, et d'autre part, reconnaître le caractère relatif et provisionnel des résultats de leur recherche et ne pas cacher leurs propres positions idéologiques. Aucune supposition sociologique ne doit être présentée comme une vérité indiscutable.

1.4. Les sociologues devraient agir avec la perspective de maintenir l'image et l'intégrité de leur propre discipline; cela n'implique pas qu'ils doivent abandonner une approche critique envers ses suppositions fondamentales, ses méthodes et ses réussites.

1.5. Les principes d'ouverture, critique et respect de toutes les perspectives scientifiques devraient être suivis par les sociologues dans leur enseignement et pratique professionnelle.

1.6. On attend des sociologues qu'ils protègent les droits de leurs étudiants et leurs clients.

2. Procédure de recherche

2.1. Parrainage

2.1.1. Les recherches sociologiques doivent, obligatoirement, compter fréquemment avec le financement privé ou public, et par conséquent, dépendent, à certain degré, du parrainage. Les parrains, qu'ils soient privés ou publics, peuvent être intéressés par un résultat spécifique de la recherche. Malgré ça, les sociologues ne devraient pas accepter de subventions ou contrats qui contiennent des conditions inconsistantes avec leur jugement scientifique sur les moyens appropriés pour mener la recherche en question, ou qui permettent aux parrains de rejeter ou retarder la publication académique parce qu'ils n'aiment pas les résultats.

2.1.2. Les parrains devraient être clairement informés à l'avance sur les directives des projets de recherche, ainsi que sur les méthodes que les chercheurs sont disposés à adopter. Les parrains devraient aussi être prévenus du risque que le résultat d'une recherche puisse ne pas s'ajuster à leurs prévisions.

2.1.3. Les parrains, privés comme publics, peuvent être particulièrement intéressés par le financement de la recherche sociologique pour leurs propres objectifs politiques. Les sociologues, qu'ils partagent ou pas ces objectifs, ne devraient pas s'y subordonner. Ils devraient aussi s'abstenir de coopérer dans l'accomplissement d'objectifs qui ne sont pas démocratiques ou qui sont discriminatoires.

2.1.4. Les conditions accordées entre les chercheurs et les parrains devraient être faîtes par écrit.

2.2. Frais et rémunérations.

2.2.1. Les fonds destinés à la recherche sociologique devraient être utilisés pour l'objectif accordé.

2.2.2. Dans la situation où les sociologues concourent pour des projets, ils ne devraient pas acceptés ceux qui ne sont pas suffisamment financés et ne devraient pas concourir avec d'autres en utilisant des tactiques déloyales et non compatibles avec les standards scientifiques appropriés.

2.3. Rassemblement des données

2.3.1. Comme scientifiques, les sociologues devraient révéler aussi bien les méthodes qu'ils utilisent que les sources générales des leurs données.

2.3.2. La sécurité, l'anonymat et le droit à l'intimité des sujets de la recherche et les informateurs devraient être rigoureusement respectés, aussi bien dans la recherche quantitative que qualitative. Les sources d'information personnelle obtenues par les chercheurs devraient être maintenues confidentielles, à moins que les informateurs demandent ou soient d'accord d'être cités. Si les informateurs étaient facilement identifiables, les chercheurs devraient les prévenir explicitement des conséquences qui pourraient arriver avec la publications des données et les résultats de la recherche. Le payement aux informateurs, bien que accepté en principe, devrait être évité autant que possible et être sujet aux conditions explicites avec une emphase spéciale sur la fiabilité de l'information obtenue.

2.3.4. Le consentement des sujets de la recherche et des informateurs devrait être obtenu à l'avance. Une recherche maintenue secrète devrait être en principe évitée, à moins que ce soit l'unique méthode pour obtenir l'information, et/ou quand l'accès aux sources habituelles d'information est entravé par les autorités.

3. Publication et communication des données

3.1. Les données obtenues pendant le travail et l'activité de la recherche sociologique constituent la propriété intellectuelle des chercheurs, à qui correspondent en principe les droits d'auteur. Dans le cas où les droits d'auteur sont acquis par un parrain ou à une entreprise, les chercheurs devraient avoir une compensation adéquate.

3.2. En principe, les chercheurs ont le droit de soumettre leur travail à la publication, ou le publier par leurs propres moyens.

3.3. Les chercheurs ont le droit de s'assurer que leurs résultats ne seront pas manipulés ni sortis de leur contexte par les parrains.

3.4. La participation d'académiciens, parrains, techniciens ou autres collaborateurs qui ont fait une contribution substantielle dans le développement du projet de recherche, devrait être reconnue explicitement dans chaque publication à venir.

3.5. Les bases de données ne devraient pas être considérées comme un bien de domaine public, à moins que les chercheurs qui les aient réunies aient spécifié les sources de leurs données et les méthodes par lesquelles elles furent construites. L'information sur les sources et les méthodes devrait être disponible pendant un temps raisonnable. Les données "en brut" devraient être disponibles pour l'inspection de sa fiabilité par d'autres académiciens (déclaration déjà adoptée par le Comité Exécutif de l'AIS lors de sa réunion à Colima, Mexique, 26-27 novembre 1996).

3.6. Une fois publiée, l'information sur un projet de recherche devrait être considérée une partie de la connaissance générale et de l'héritage de la communauté scientifique. Alors, elle est ouverte à tout commentaire et critique auxquels les chercheurs auraient le droit de répondre.

4. L'utilisation extra scientifique des résultats de la recherche

4.1. Les résultats des recherches sociologiques peuvent être d'intérêt public. Leur diffusion, qui est l'implication du droit fondamental du peuple d'être informé, ne devrait pas être empêchée. Les chercheurs, par contre, devraient être conscients des dangers dérivés des déformations, simplifications, et manipulations de leur propre matériel de recherche, qui peuvent avoir lieu dans le processus de communication aussi bien individuelle que des masses média. Les chercheurs devraient être capables, et ont le droit, d'intervenir pour corriger n'importe quelle classe d'interprétation tendancieuse ou mauvaise utilisation de leur travail.
4.2. Les chercheurs devraient éviter de se proclamer experts dans des champs où ils n'ont pas la connaissance suffisante, spécialement quand ils participent dans la discussion publique ou dans le débat politique.